Harley-Davidson Superlow et forty eight

It's another world!

Pour certains d'entre vous le deux roues est avant tout un outil de déplacement fonctionnel qui permet d'évoluer avec fluidité dans un trafic dense et de ne pas avoir trop de souci de parking.

Pour beaucoup d'autres, la moto est un loisir, une activité qui transforme en superbe balade la moindre belle journée que la météo peut nous offrir.

On choisit alors sa « bécane » en fonction de son tempérament, de l'idée qu'on se fait de la moto plus que des contraintes auxquelles il va falloir se plier.
Harley-Davidson occupe une place à part dans le coeur de tous ceux qui voient dans une moto un bel objet plus qu'un moyen de déplacement. Le constructeur continue de faire vivre un mythe qui dépasse de loin le cadre des deux roues. Il véhicule une image de liberté et de grands espaces,  qui s'apparente encore et toujours au célèbre « Easy rider » qui a pourtant quitté les salles de cinéma depuis bien longtemps.

Choisir une Harley, c'est donc plus choisir une philosophie qu'un véhicule. Celui qui craque pour la toute nouvelle Forty-Eight par exemple ne se formalisera pas du confort spartiate et de la position de conduite plutôt originale. Il vantera le « clang » franc et massif qui ponctue chaque changement de vitesses et attirera votre attention sur le délicieux cliquetis que le V-Twin laisse encore entendre clairement

Il avouera qu'au-dessus de 120 km/h, les turbulences sont telles qu'il faut une bonne condition pour maintenir la moyenne sur de longs trajets mais vous dira dans la même phrase que si les performances sont là, rouler en Harley ce n'est pas ça!
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Alors si vous hésitez entre une 1000 super Z, RR, sport, etc et une Harley, il y a de grandes chances que vous trouviez une brouette de défauts à la Forty-Eight.
Si par contre, profiter d'une belle route de campagne pour faire ronronner le bicylindres cossu vous intéresse. Si l'idée de glisser en souplesse sur les courbes d'une belle bande de bitume calée entre deux champs de colza bien jaunes en profitant d'une superbe journée de printemps vous plait et si vous ne pouvez jamais résister à l'appel d'une terrasse où tous les clients déjà assis ne pourront s'empêcher de tourner la tête pour admirer votre machine, alors il y a de grandes chances que vous preniez votre pied au guidon de cette machine.

Quel  look !

La Forty-Eight est une déclinaison de la famille « Sportster » de Harley-Davidson.
Le constructeur a une gamme qui exploite 5 familles : Sportster, Dyna, Softail, Touring, VRSC. Chaque famille vous proposera plusieurs modèles qui donnent une image parfois totalement différente à un même châssis.

La Forty-Eight, par exemple, est un modèle « custom ». Le mot a lui seul explique bien a volonté de personnalisation qui est farouchement défendue ici. Un petit réservoir appelé « peanut » de moins de 8 litres, des rétroviseurs installés sous le guidon (excellente idée!), des pédaliers (freins et boîte de vitesses) placés en avant, un petit guidon droit, une peinture orange et sur l'ensemble noir, le chrome scintillant des échappements qui se détache avec bonheur, voilà les principales caractéristiques de cette moto qui a une « gueule » pas possible. Avec elle, pas moyen de passer inaperçu.

En plus, comme tous les « Sportster », elle exploite un V-Twin cossu à mort porté ici à 1200 cc de cylindrée. Le moteur regorge de couple même aux régimes où les autres se contentent de tenir le ralenti. Il n'a donc aucun souci pour emmener les 250 kilos de la machine où il veut et offre des reprises qui sont largement suffisantes pour vous rendre le sourire à la fin d'une semaine de travail harassant.
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Il ne vous reste plus qu'à étendre vos jambes pour poser vos pieds sur les supports placés bien en avant de votre siège. Les commandes de boîte et de frein arrière sont saillantes. Cela fait partie du charme, de même que la petite selle qui offre un confort spartiate mais dégage complètement le garde-boue arrière tronqué, dénué de feu.
La Forty-Eight est en plus particulièrement basse. C'est cela qui assure son look et son succès. C'est cela qui limite également les débattements de la suspension et donc le confort. Il faudra en tenir compte car les longs trajets peuvent être fatigants. Cela dit, avec un si petit réservoir , vous pourrez vous reposer lors des arrêts ravitaillement tous les 140 km, environ.

Superlow: un nouveau visage

Et quand on vous disait qu'on peut avoir des personnalités différentes au sein d'une même famille, il suffit d'essayer la Superlow après avoir pris le guidon de la Forty-Eight pour en être convaincu. Ici aussi, vous êtes assis sur un Sportster. La base du châssis est identique mais la suspension et la fourche avant notamment ont été adaptées. Toujours le bicylindres cette fois dans une cylindrée de 883 cc qui passe son couple via une courroie de transmission à une jantes à bâtons de 17 pouces à l'arrière. Les pédaliers sont toujours aussi saillants mais plus proches du conducteur, le réservoir (17l.) nettement plus généreux que celui de la Forty-Eight et surtout la Superlow affiche beaucoup plus de chrome pour un look nettement moins « bestial » que la Custom. La différence entre les deux tient surtout dans la position de conduite qui conviendra bien aux personnes de taille moyenne.

Et nous pensons aussi aux dames qui sont également très souvent attirées par les Harley-Davidson. Le 883 cc qui montre ses chromes sous le réservoir est évidemment moins « velu » que le 1200 de la Forty-Eight mais l'esprit est le même et le couple préservé dès les plus bas régimes. Montée sur des pneus taille basse, La Superlow offre un confort toujours aussi spartiate mais une fois qu'on a trouvé sa place au creux de la selle monoplace, elle permet d'adopter une position au guidon pas trop fatigante pour les bras. Il conviendra toutefois d'essayer la machine pour se faire son opinion, surtout si vous dépassez le mètre quatre vingt.
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Après l'avoir adoptée, il ne vous reste qu'à tailler la route. Avec sa nouvelle fourche, la Superlow  s'avére maniable et franche dans ses appuis. Sur les nationales ondulant dans la campagne, c'est un régal de la faire glisser de courbe en courbe.

Enfin, terminons par une très bonne note. La consommation. Et oui! On pouvait craindre que les gênes américains de ces deux machines ne les encouragent à être gourmands mais en respectant un mode de conduite qui permet d'en apprécier la personnalité de chacune de ces machines, nous avons pu faire descendre les chiffres à 5,4 l pour la Forty-Eight  et même un tout petit 5 l pour la Superlow. Pas mal, non ! Ca donne d'autant plus envie de goûter à ces deux machines sans modération.

Alain Hoebeke