Vive le Pom(mmm...)rol

Pomerol Village

Pomerol avec un seul «m», et pourtant rien qu’à prononcer son nom, on en a tellement plein la bouche qu’on a envie de l’écrire avec deux «m».

 

C’est un vin généreux et puissant qui est historiquement avec son voisin Saint Emilion le cru bordelais mythique de la rive droite.

 

 

Avec 770 ha, l’appellation Pomerol située sur la commune de Pomerol et sur le nord de Libourne est la plus petite des appellations de Bordeaux. Le vignoble, planté sur un plateau descendant en terrasses successives vers la vallée de l’Isle, est formé en surface de graves plus ou moins compactes, argileuses ou sableuses. Mais la partie la plus importante c’est le sous-sol; où l’on retrouve des oxydes de fer, appelés par les locaux « casse de fer ». C’est son sous-sol qui confère au vin de Pomerol sa typicité.

 

Pomerol forme une sorte de communauté où les vignobles sont partagés entre plusieurs familles qui cultivent un lopin de terre de parfois moins d’un hectare. Ici il ne faut pas s’attendre à trouver de prestigieux châteaux entourés de somptueux parcs. Tout au plus vous apercevrez quelques demeures élégantes et quelques bosquets. Même le vin le plus mythique du monde, Petrus, maitre incontesté de l’appellation, de Bordeaux et de France, ne s’appelle pas « Châteaux Petrus ». Et pour cause, il n’y a pas de châteaux, tout au plus un chai à barriques que l’on pourrait confondre avec une grange ou un garage. Ici comme se plait à le répéter le maitre des lieux Christian  Moueix les richesses sont enfuies sous vos pieds.

 

Pomerol se dénote également de ses voisins saint-émilionais ou médocains par l’absence de classement. Ici, vues les relations étroites entre les familles, un classement n’est franchement pas le bienvenu.

 

Ici le roi Merlot, cépage de référence, règne en maitre presque absolu. Il représente  plus de 70% du vignoble. Le cabernet sauvignon vénéré chez les médocains, n’a ici pratiquement pas droit de cité. Seul le cabernet franc (connu comme bouchet dans la région) intervient en moyenne à hauteur de 25% dans les assemblages.

 

 

 

Tous les acteurs sont donc réunis (le merlot, la casse de fer, les traditions ancestrales) pour exécuter une œuvre magistrale oscillant à la fois sur les gammes de la puissance, de la robustesse et de l’opulence, mais aussi sur celles de la souplesse, de la complexité et du velouté. Même si la tendance est de produire de vins à consommer de plus en plus tôt, les plus costaux méritent 5 à 15 ans de garde. Mais attention, vu le morcellement des propriétés (on en compte près de 150), il existe des disparités tant au niveau des volumes de production que de la qualité.

 

 

 

En collaboration avec Vino Magazine

 


                       

 


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