Psychonutrition

La beauté extérieure est fortement influencée par notre alimentation. La peau, comme tout autre organe, est en continuel renouvellement. Elle a donc besoin d’apports quotidiens en nutriments. Et si on ne lui apporte pas assez de vitamines, de minéraux et d’antioxydants, elle a moins d’atouts pour préserver sa jeunesse.

Nous aimons tous « nous faire beau » mais nous oublions souvent que la vraie beauté vient de l’intérieur, et que le gardien de cette beauté est, entre autres, notre alimentation. Mal se nourrir, c’est risquer l’apparition de petits bourrelets suivis d’un mal-être certain. Et si on n’en tient pas compte, les problèmes de santé s’installeront, de façon insidieuse d’abord, et récurrente ensuite. En effet notre corps nous parle et il est important d’être à son écoute.
La nutrition c’est consommer les aliments dont on a besoin ! Si on ne mange pas assez de calcium, comment l’os pourra-t-il préserver sa solidité? Si on fait l’impasse sur les omégas 3, comment notre cerveau pourra-t-il fonctionner correctement ? Et si on boude les fruits et les légumes, comment notre intestin pourra-t-il remplir son rôle ?
En somme, tout comme une voiture ne pourra rouler sans une essence adaptée et de qualité, notre corps ne pourra pas être au meilleur de sa forme sans une bonne alimentation.

Etre ou avoir ?
La société moderne a tendance à nous faire croire que l’Avoir va nous conduire à l’Etre. Et si c’était précisément le contraire ? Et si la course au matérialisme ne faisait qu’alourdir notre stress en augmentant nos responsabilités, nos jalousies, nos ennuis et nos peurs ?
Nous sommes pourtant tous capables d’Etre sans Avoir et de construire une vie remplie de satisfactions et de plénitude, sans pour cela posséder beaucoup de choses, mais en cultivant d’abord notre amour de soi et des autres.
Ce constat s’avère également en nutrition: quand je perds l’habitude de consommer des sucreries ou du vin tous les jours, qu’est ce que je suis heureux d’y être arrivé ! Et lors d’une sortie, le dessert pris par plaisir ou le verre de vin dégusté avec passion conduira à un vrai moment de bonheur, loin de toute dépendance ou d’excès nocifs.

Prendre conscience de nos similitudes
Nous avons tous les mêmes besoins alimentaires, notamment pour les produits de la chasse, de la pêche, de la cueillette et de la culture. Ces produits nous apportent tous les nutriments nécessaires au maintien de notre santé et de notre bien-être. La nutrition touche l’Avoir et l’Etre, car toute personne qui est parvenue à se doter de bonnes habitudes alimentaires se sentira très vite mieux dans sa peau, tant physiquement que psychologiquement. Les changements sont très rapides et font plaisir à voir : on dira souvent de ces personnes qu’elles rayonnent.
Apprendre à manger sainement est à la portée de tous. Il suffit de ne pas considérer ce changement comme « un mauvais moment à passer » mais comme une nouvelle étape de vie, celle qui conduira à davantage d’amour de soi en passant par un plus grand respect de son corps.

Apprendre à se respecter
Il est souvent plus facile d’acquiescer que de refuser. On a peur de heurter la personne qui a cuisiné pour nous et qui nous dit : « Mais tu es bien comme cela ! Tu n’as plus besoin de maigrir ! Ce n’est pas pour une fois! J’ai préparé le plat que tu adores ! J’ai fait ce dessert rien que pour toi ! »
L’important est de ne pas accorder davantage d’importance aux autres qu’à soi-même et de rester à l’écoute de ses propres désirs. Si cela nous fait plaisir, pourquoi culpabiliser en mangeant ce petit morceau de gâteau maison, fait avec amour ?
Dans le même temps, il est parfois nécessaire de suivre un vrai régime avant de prendre le cap d’une bonne nutrition, sous peine de devenir une droguée des régimes (« Je suis continuellement en régime!»). Il est certain que si on n’utilise pas les bons outils, on ne peut pas y arriver, même si la motivation est grande.
De nombreuses femmes préparent un repas différent pour chaque membre de leur famille : une pizza réclamée à corps et à cris par les enfants, un steak frites pour le mari…quant à elles, elles s’oublient. Les grignotages deviennent alors une nécessité pour satisfaire leurs propres envies!

Le retour aux sources
La vie moderne nous éloigne de la façon de dire « je t’aime » via la préparation d’un bon repas autour d’une belle table. Qui en est responsable? La manipulation des esprits par la publicité qui vante les produits préparés ? Les mauvaises habitudes? Le manque de temps?
Il est pourtant si réconfortant de se rappeler l’odeur de la cuisine de nos grands-parents, des crêpes qu’on faisait sauter les jours de pluie, des petits plats préparés en famille avec le dernier né couvert de farine, ou encore le pain qui embaume toute la maison et dont on surveille la cuisson avec impatience!
N’est-il pas temps de comprendre que l’on a dévié dans une mauvaise direction, celle de l’alimentation sans odeur et sans goût, celle des consoles de jeux, celle du portable qui coupe toute communication, celle de la fatigue et de la dépression?
La démarche nutritionnelle est à cet égard similaire à celle de l’écologie. Tout comme nous réalisons aujourd’hui que la planète réclame notre aide et nous en prenons conscience, chacun à notre rythme, il en va de même pour la nutrition ; les problèmes de poids et de santé, tant physiques que psychiques, sont de plus en plus répandus. Il est donc grand temps de prendre conscience de la nécessité de changer son mode de vie, tant écologique qu’alimentaire.

Au-delà de la nutrition : apprendre à s’aimer
Et si enfin, l’ultime moyen pour éviter les compulsions alimentaires était d’apprendre à s’aimer ? Cela demande un travail qui dépasse le strict domaine de la nutrition car, pour s’aimer, il faut savoir qui on est vraiment.
S’aimer, c’est être en équilibre entre nos capacités de donner et de recevoir. Si cela peut s’avérer aisé pour certains, c’est parfois très difficile pour d’autres. Il est en effet souvent plus facile de donner que de recevoir. Et pourtant, la personne qui donne mais qui reçoit difficilement est en déséquilibre et aura souvent tendance à compenser sur le plan alimentaire. Or, accepter de recevoir de l’autre, c’est lui permettre de donner et donc d’être heureux. En somme, en refusant de recevoir, je prive l’autre d’une source de bonheur!
S’aimer, c’est refuser cette carapace qui nous empêche de voir, de sentir, de souffrir mais d’être heureux aussi ! Quand on a un surpoids, on prend de la place physiquement, et pourtant on se fait petit, on n’ose pas, on a peur du jugement des autres, on manque de confiance, on ne se séduit pas et donc on ne se sent pas apte à séduire pas les autres.
S’aimer c’est permettre aux autres de nous aimer ! Il me semble tellement important d’être d’abord en amour avec soi-même avant de l’être avec les autres. On pourra ensuite demander aux autres de nous respecter, de ne pas nous juger, de nous accepter avec nos qualités et nos défauts bref : de nous aimer.
S’aimer c’est également aimer les autres ! Et si on était juste un miroir ? Quand je suis agressive, l’autre le devient ; quand je suis nerveuse, les enfants le deviennent ; quand je suis calme, les malades s’apaisent. Donc, quand je suis heureuse, je rayonne et je reçois en retour des ondes positives des autres. Pourquoi alors éprouver le besoin de vider son frigo ?
En s’aimant, la vie devient plus fluide et les compensations alimentaires perdent de leur nécessité.
A bientôt pour la suite.

Docteur Hélène Weber